Aux frontières du désert- petit texte personnel

Aux frontières du désert, j’ai compris que la vie ici n’est ni pire ni meilleure, juste différente.

Aux frontières du désert, j’ai compris que les personnes ici ne sont ni pires ni meilleures, elles sourient tout simplement.


Si les couleurs ne servent à rien, elles ont au moins le mérite de réchauffer le cœur. Aux frontières du désert, tout n’est que couleur en cette saison des pluies riche en orages aux airs de fin du monde. Il m’est difficile de croire que bientôt, ici même, ce sera le néant brûlé par ce traître soleil. Et pourtant, on le sait, on le sens : on a cette sensation à la rencontre de chaque être vivant. Le zébu au ventre aujourd’hui rebondi, la chèvre qui s’étire pour cueillir des feuilles toujours plus hautes, les ânes qui flânent nonchalamment à la recherche d’une herbe plus verte et puis les gens.


Drôle de pays que le sahel, où tous font leurs réserves et cette impression que cette saison sera la dernière, que les bons jours sont derrière et les mauvais devant. Aux frontières du désert, j’ai compris que tout est éphémère.


Aux frontières du désert, j’ai vécu la tempête de sable au chant du muezzin de la mosquée voisine. J’ai su pourquoi des civilisations ont fait du désert une divinité à qui il faut rendre hommage. J’ai compris que j’avais ma place dans ce monde, qu’où que j’aille ce n’était pas par hasard, et qu’il me suffisait d’être moi pour participer à l’ordre des choses. Je suis à ma place, ici, là-bas, maintenant et toujours. Je vois le monde, je le sens, je le vis. Aux frontières du désert, je suis.

 

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